Les carnets de route


Carnet n°13 : Windhoek...Le Cap...Beaupréau

Beaupréau, le 9 avril 2004

Bonjour tout le monde,

Voilà, c'est fini! Cela fait 7 mois que j'ai quitté Brest et j'ai dû mal à réaliser que je suis de nouveau de retour en France… c'est passé très vite! Et le fait d'avoir fait le chemin retour en 14h n'aide pas beaucoup!

Mais continuons un peu à voyager… Après le départ d'Anne-So de Namibie, à la mi mars, j'ai repris la route vers l'Afrique du sud en stop. Mes journées se sont toutes à peu près passées de la même manière : 3 ou 4 heures à attendre un moyen de transport puis 2 ou 3 heures de route. Le sud de la Namibie est tout aussi superbe que le nord du pays. Je ne me lasse pas des paysages de désert, de la variété des couleurs et des reliefs, de la végétation aride… J'ai donc pris beaucoup de plaisir à atteindre l'Afrique du Sud. Même les temps d'attente, à l'ombre de panneaux stop ou des panneaux d'orientation ont été des vrais moments de plaisir…. écouter le silence et savourer le plaisir d'être là. Plaisir partager par beaucoup de monde : lors d'une matinée d'attente à Grünau, j'ai eu tout le loisir de lire les mots gravés, sur le panneau me faisant de l'ombre, par d'autres auto-stoppeurs. Le plus ancien datait de 1985 et plusieurs nationalités étaient présentes : espagnol, allemand, sud-africain, norvégien, américain…

Une fois passée la frontière de l'Afrique du sud, je me suis posé deux jours à Springbok dans le Namaqualand. Cette région désertique se transforme en parc floral au printemps et toutes les collines arides se couvrent alors de fleurs… seulement c'était l'automne! Je n'ai donc pas eu la chance d'observer ce phénomène mais comme je vous l'ai dit… j'adore les déserts, ce n'était donc pas un problème! J'ai fait des grandes ballades pour profiter encore et encore de ces montagnes arides.

L'arrivée de mes parents approchant, j'ai ensuite fait d'une traite la route qui me séparait du Cap et c'est ainsi que j'y suis arrivé le 17 mars 2004 à 18h00! J'y ai été accueilli comme un roi par Vincent (un ami de la Chapelle des Fougeretz) et Victor (sud-africain). Ils m'ont fait découvrir la vie très "fun and sun" de la ville du Cap. Il y avait à ce moment là un festival organisé par la ville et c'est avec beaucoup de plaisir que je me suis replongé dans une ambiance "festival" : bain de foule, bière et concert! Le Cap est vraiment une ville superbe et le centre ville garde une taille humaine, coincé entre la mer et la montagne. Un grand merci à mes hôtes pour leur accueil!

Et puis le grand jour est arrivé et ce fut les retrouvailles avec mes parents… Avant de partir vadrouiller, nous sommes restés deux jours en ville et nous avons fait une escapade en haut de Table montagne, la montagne qui surplombe le Cap. La vue y est splendide avec au nord la ville et l'océan et au sud un aperçu de la péninsule et de la chaîne de montagne!

Nous n'avons donc pas traîner avant de partir parcourir les routes côtières qui nous ont menés au Cap de Bonne Espérance et à Cap Point (le point le plus au sud de la péninsule). Ces routes étroites et sinueuses offrent un spectacle de toute beauté en surplombant la mer et en longeant les montagnes. L'arrivée à Cap Point donne vraiment une impression de bout du monde… très gratifiante après 7 mois de voyage! Mais Cap Point n'est pas le site le plus au sud de l'afrique… nous avons continué la route, toujours à bord de notre camping-car, jusqu'au Cap d'Agulhas, 200 km plus à l'est. Le site est beaucoup moins impressionnant mais on ne peut pas aller plus au sud…de l'Afrique. Toute une symbolique! C'est aussi la limite entre l'océan atlantique et l'océan indien.

La suite du voyage nous a ainsi conduit jusqu'à la lagune de Knysna, cette fois en longeant l'océan indien et en passant au milieu des rares forêts de la région. Au nord de Knysna, il existe un bout de forêt où subsistent encore 4 éléphants sauvages… afin d'aller les découvrir, nous avions le choix entre différents chemins de randonnée symbolisés par un éléphant blanc, jaune ou noir… nous avons opté pour le jaune. Après deux heures de marche, aucun éléphant à se mettre sous les yeux. Mais nous avons tout de même eu le privilège d'admirer le caméléon nain (4-5 cm), espèce endémique du coin! Vu la végétation dense et luxuriante qui pousse sur ces collines, on se demande tout de même comment il est possible d'apercevoir quelque chose… même un éléphant! Le caméléon fut un coup de bol!

Pour se consoler de ce demi-échec nous sommes montés plus au nord pour aller voir les autruches dans la région du Little Karoo. Comme la richesse du coin réside dans la production de viande et de plumes d'autruches… nous avons eu aucun mal à observer la bête. Et même pour être sûr de les voir de près, nous avons poussé jusqu'à la visite d'une ferme! Visite des anciens palais construits au début du XXème lorsque le kilo de plume se vendait aussi cher que le kilo d'or (mais c'est fini depuis la première guerre mondiale…), explication du fonctionnement de reproduction et de développement des 150 kgs de viandes, plumes et bec que représente l'autruche et démonstration de course d'autruche (le cou servant de volant!). Le little Karoo étant une région semi-desertique (donc superbe… normal) nous sommes allés nous rafraîchir par la visite des grottes de Cango. Tous ces kilomètres et ces aventures nous ont mis "l'eau" à la bouche, nous avons tout naturellement fini par la région des vignobles : visite d'une cave (juste une!) et dégustation (juste…).

Mes parents ayant plus de souvenirs que moi de notre précédent séjour dans la région (année 80), ce fut un petit périple pèlerinage bien sympathique. L'Afrique du sud a bien évolué depuis 20 ans. Au mois d'avril, elle va fêter ses 10 ans de démocratie, de fin d'apartheid. Il n'y a plus de différentiation selon la couleur de peau dans les textes et les lois mais dans le quotidien, il existe encore un apartheid "économique"… il va encore falloir un peu de temps pour voir une répartition équitable des richesses. Le temps que l'éducation et les mentalités évoluent…

Et voilà, les deux semaines de voyage familial (sans mes sœurs, malheureusement) était passées et j'ai pris un "gros n'avion" pour rentrer en France…et passer deux heures dans les embouteillages parisiens afin de relier Roissy et la gare Montparnasse… le tout sous la grisaille! Sans commentaires!

7 mois, c'est tout petit… après-coup bien sûr! Mais AUCUN REGRET et QUE DU BONHEUR!

Merci à tous pour votre soutien, vos mails ou votre accueil.

A la prochaine…

Benoit